lundi 1 novembre 2010
cheval
La bête est belle et sent bon. J'ai envie de l'enserrer, d'avoir peur et de me retenir à sa crinière.
INSTITUT ÉMILIE DU CHÂTELET pour le développement et la diffusion des recherches sur les femmes, le sexe et le genre
Après l'écrit du coeur , je re-axe mon cerveau . On mouche son nez et on avance.
http://www.emilieduchatelet.org/Conferences/conferences-liste.html
dimanche 31 octobre 2010
la fête des sorcières
Cette nuit, les vieilles sorcières, les böse gaga, sont venues en bande chourer les citrouilles du jardin. Leurs cris aigues m'ont réveillée. Sans pyjama ( c'est pas encore la saison), j'ai sauté depuis ma fenêtre de chambre et j'ai réussi à en récupérer une au vol, petite et bien fluo.
J'ai hurlé, "celle là est à moi, toi t'y touches pas ".
Celle là est comme une grenade qui palpite dans ma main comme un coeur essoufflé. Je ne la lâche pas.
J'ai hurlé, "celle là est à moi, toi t'y touches pas ".
Celle là est comme une grenade qui palpite dans ma main comme un coeur essoufflé. Je ne la lâche pas.
une dette de je
Je me suis toujours dit "ouf il n'y aura pas d'héritage donc pas d'embrouille avec la fratrie". Or, il y existe un héritage (qui affecte toute la fratrie), pas en biens matériels , pas en fric, mais un qui se transmet comme une patate chaude: il s'agit de l'histoire d'avant qui n'attend pas la disparition des générations d'avant pour etre léguée.
Toi, tu débarques sur terre , on ne te demande pas ton avis et hop, tu prends ça dans les bras; la charge, le rôle, les dettes.
Dans mon rôle de fille ainée, j'ai porté cet héritage d'avant, ligotée par la terreur face à leur vie toujours au bord de la faillite. ça a eu pour effet de me mettre en débit permanent.
Pnsant que c'était le sens de ma vie, je me suis programmée pour corriger les erreurs dans les grands livres de comptes familiaux. Je me suis mise à bosser pour restituer des comptes justes, à l'image d'une vie juste. Je devais payer de ma poche pour éviter le dépôt de bilan.
En plus , dès le départ il a fallu que je paie mon arrivée dans ce monde, comme si j'étais une valeur négative, moi en dette de je. Dette que j'ai eu à éponger en m'effaçant. Jamais de caprice , jamais de colère, un parcours silencieux, en marge. Moi, discréditée à mes propres yeux.
" Rien va plus, les jeux sont faits", longtemps cette phrase m'a anéantie. La fatalité me collait à la peau comme l'angoisse. Le poids de l'héritage d'avant me pesait comme une enclume au fond de l'estomac.
Hier et cette nuit, c'était la fête des sorcières.
J'ai lâché la table truquée du casino. Je ne veux plus jouer ni payer dans une partie que je n'ai pas choisie.
Les jeux ne sont pas faits. Je reprends la main. Je ne me brade pas, je ne brade personne.
Toi, tu débarques sur terre , on ne te demande pas ton avis et hop, tu prends ça dans les bras; la charge, le rôle, les dettes.
Dans mon rôle de fille ainée, j'ai porté cet héritage d'avant, ligotée par la terreur face à leur vie toujours au bord de la faillite. ça a eu pour effet de me mettre en débit permanent.
Pnsant que c'était le sens de ma vie, je me suis programmée pour corriger les erreurs dans les grands livres de comptes familiaux. Je me suis mise à bosser pour restituer des comptes justes, à l'image d'une vie juste. Je devais payer de ma poche pour éviter le dépôt de bilan.
En plus , dès le départ il a fallu que je paie mon arrivée dans ce monde, comme si j'étais une valeur négative, moi en dette de je. Dette que j'ai eu à éponger en m'effaçant. Jamais de caprice , jamais de colère, un parcours silencieux, en marge. Moi, discréditée à mes propres yeux.
" Rien va plus, les jeux sont faits", longtemps cette phrase m'a anéantie. La fatalité me collait à la peau comme l'angoisse. Le poids de l'héritage d'avant me pesait comme une enclume au fond de l'estomac.
Hier et cette nuit, c'était la fête des sorcières.
J'ai lâché la table truquée du casino. Je ne veux plus jouer ni payer dans une partie que je n'ai pas choisie.
Les jeux ne sont pas faits. Je reprends la main. Je ne me brade pas, je ne brade personne.
vendredi 29 octobre 2010
le lien maternel
J'ai longtemps pensé que s'il m'arrivait quelque chose de grave , ma mère serait là. Quand il m'est arrivé quelque chose de grave, je me suis empressée de ne pas aller vers elle mais vers mes amis. Mon action a fait apparaitre quelque chose : le fantasme de la protection maternelle ne passe pas le cap de la réalité. En vrai; s'il m'arrive quelque chose de grave, je choisis d'aller vers d'autres , vers ce que j'ai construit .
Il y a quelques semaines, je me suis dit qu'il fallait que je me prenne au sérieux, non pas dans le sens se prendre au sérieux mais dans le sens, constater ma réalité. Je bosse à temps plein depuis l'age de 22 ans ( voire plus tôt, par intermittence).Je me suis vite débrouillée pour être autonome. Mes parents ne m'ont jamais refilé de fric pour financer mes études ou quoi que ce soit. Je peux même dire que c'est le contraire (je ne suis pas la seule). Oui, tout tient sur mes épaules et j'ai peur au cas où mes épaules flancheraient. Ma décision de ne plus travailler ( je ne sais pas pour combien de temps) n'a été prise que grâce au dispositif que j'ai mis en place pour que mon arrêt travail se déroule dans les meilleures conditions. Je constate mon "sérieux". Je sais calculer. Dans cette aventure, le risque est nul.
Depuis toujours , je porte cette peur liée à la précarité , précarité affective, manque de légitimité etc. Plus tard avec le neurinome number 8, j'ai été confrontée avec rudesse à la précarité physique. La défaillance jouxte la peur de la déchéance.
J'ai toujours fait attention à mon corps, je le cachais pour le préserver. Je me suis interrogée sur ma frénésie aquatique. Je nage pour faire apparaitre mon corps dans l'espace public, un corps fort, un corps beau, un corps fier, un corps, enfin qui peut cogner pour se défendre, j'ai des muscles, j'ai des muscles !!!! . Je le traite bien afin qu'il me mène bien, le plus longtemps possible.
J'ai toujours fait attention à mon corps, je le cachais pour le préserver. Je me suis interrogée sur ma frénésie aquatique. Je nage pour faire apparaitre mon corps dans l'espace public, un corps fort, un corps beau, un corps fier, un corps, enfin qui peut cogner pour se défendre, j'ai des muscles, j'ai des muscles !!!! . Je le traite bien afin qu'il me mène bien, le plus longtemps possible.
Depuis longtemps, je suis préoccupée par le "plus tard quand je serai vieille", avec en tête les images de ma future déchéance physique et mentale. Mais depuis quelques jours, j'en ai plein le cul de ces images morbides qui me plombent.
A la suite de la visite de ma mère, j'ai compris que je suis détachée du lien pathologique mère / fille. La position de ma mère dans mon affect a bougé. Je la place comme une personne à part entière, avec ses qualités et ses défauts et non plus d'abord comme une mère (avec comme base la pathologie liée à ce lien familial).
Je me sens libérée de l'angoisse de ne plus être si ce lien de parenté ne tient plus.
Il y quelques jours , je parlais de mon père. je me suis rendu compte qu'il n'existe plus . Il n'y a plus rien. Je me sens allégée de ce fardeau et en paix. Je ne porte plus sa marque de plomb. Un an presque que je l'ai tué.
A la suite de la visite de ma mère, j'ai compris que je suis détachée du lien pathologique mère / fille. La position de ma mère dans mon affect a bougé. Je la place comme une personne à part entière, avec ses qualités et ses défauts et non plus d'abord comme une mère (avec comme base la pathologie liée à ce lien familial).
Je me sens libérée de l'angoisse de ne plus être si ce lien de parenté ne tient plus.
Il y quelques jours , je parlais de mon père. je me suis rendu compte qu'il n'existe plus . Il n'y a plus rien. Je me sens allégée de ce fardeau et en paix. Je ne porte plus sa marque de plomb. Un an presque que je l'ai tué.
PUTAIN QUE C'EST BIEN.
Si je défends un système de santé publique et solidaire, réellement accessible à tous , c'est pour éviter que chacun ne soit contraint au recroquevillement, au rétrécissement psychique intérieur.
Vivre avec la peur au ventre de ne pas pouvoir être soignée et protégée , renforce le sentiment d' être inexorablement "seul(e) au monde contre l'adversité" et contribue à l'idéologie du chacun pour sa peau et que l'autre crève. Mauvaise idéologie.
Si je défends un système de santé publique et solidaire, réellement accessible à tous , c'est pour éviter que chacun ne soit contraint au recroquevillement, au rétrécissement psychique intérieur.
Vivre avec la peur au ventre de ne pas pouvoir être soignée et protégée , renforce le sentiment d' être inexorablement "seul(e) au monde contre l'adversité" et contribue à l'idéologie du chacun pour sa peau et que l'autre crève. Mauvaise idéologie.
après soi
Cette histoire de perpétuation de soi à travers sa filiation ( naturelle ou d'adoption ) , ça me scotche.
je vais vous dire , je ne me sens rien à transmettre au futur , ce que j'ai à transmettre, c'est maintenant.
Laisser un souvenir de moi après ma mort, je n'y pense pas un seul instant. On se prend pour qui ? Laisser une trace.. j'aurais plutôt dans l'idée de laisser la place plus propre que je ne l'ai trouvée .
La création artistique ou technique ne m'intéresse que si elle sert maintenant. Si elle dure jusqu'à demain ou après demain , tant mieux.
à 97 % des cas , il y a une différence évidente entre les personnes qui n'ont pas de mômes et ceux qui en ont. Ceux qui ont procréé se sont déja un peu débarrassé de leur mort : ils ont déja transmis une partie de leur paquet vers le futur, partie léguée, déléguée.
Ceux qui n'en ont pas n'ont "que" leur présent, doivent se dépatouiller avec l'idée d'une vie qui n'a pas d'échappée et doivent vivre dans le temps des collatéraux, cad dans le temps limité.
Ma mort se présentera entière devant mes yeux , en grosses lettres "THE END" et puis le noir. Je ne crois pas en une vie après.
Qui va m'aider quand je serai vieille et grabataire? qui va m'aider s'il m'arrive quelque chose?
L'idée de famille rassure et protège du cauchemar. On pense que la famille crée du devoir, ça tient sur le court terme, peut être.. Ce n'est qu'une illusion. Nos souvenirs , notre culture commune, nos liens du sang (!) ne tiennent pas devant la réalité. Techniquement , affectivement et financièrement, il est illusoire de compter sur elle. Je ne vois pas comment je pourrais imposer à ma famille de me prendre en charge.
mais il existe d'autres communautés, à deux, à plus.
Oui, on en reparlera.
Oui, on en reparlera.
jeudi 28 octobre 2010
ça ne se dit pas/ ça ne s'entend pas (3)
j'ai croisé des enfants et ceux restés au fond des adultes, j'ai croisé des adultes anéantis comme des enfants. J'ai croisé quelque chose d'eux , quelque chose de cassé, d'enfoui, quelque chose qui les enterre et qui ne peut pas se dire.
Je le ressens à la manière des chats, en fermant les yeux , en passant la main à la surface de la peau.
J'ai envie de les sauver mais souvent je reste en arrêt, impuissante.
C'est aussi pour ça que j'ai décidé de parler.
Je le ressens à la manière des chats, en fermant les yeux , en passant la main à la surface de la peau.
J'ai envie de les sauver mais souvent je reste en arrêt, impuissante.
C'est aussi pour ça que j'ai décidé de parler.
ça ne se dit pas/ ça ne s'entend pas (2)
Nous étions pionnes, elle était une de ces pestes qui torturent leur galant, en ayant faim de fraises à 3h du mat ( sans être enceinte).
Une complicité nous liait, sans doute parce que nos préoccupations étaient tellement éloignées que nous n'avions aucun terrain de mésentente ou de rivalité possible mais qu'aussi nous ne supportions pas la petitesse, la radinerie, le moi d'abord stupide de la plupart de nos collègues. Elle me respectait et m'aimait (un peu) parce que mon écoute la rassurait. Aimer n'était pas son fort. Un jour, elle me raconta comment rentrant de promenade avec la bonne ( oui ça se fait encore dans les provinces de France), elle avait du user d'un stratagème peu commun pour justifier son état de noirceur extrême auprès de sa mère en colère. En effet, elle avait été laissée seule une partie de l'après midi à jouer dans le tas de charbon d'une remise pendant que la bonne s'envoyait en l'air avec son amoureux du moment.
Comment dire sans dire ? comment dire "ça" qui ne se dit pas? comment ne pas cafeter tout en ne prenant pas pour les autres?
A l'école , elle venait d'apprendre les voyelles et les consonnes, elle avait entendu comment les adultes font pour ne pas dire ou dire sans dire. Les femmes ne parlent pas de tampax devant les enfants mais de T.A.M.P.A.X épelé.
Alors elle a regardé sa mère , lui a dit et répété : "A E I O U , A E I O U , A E I O U " puis encore A E I O U , A E I O U , A E I O U !!!! ".
Elle avait dit ça qui ne se dit pas , elle n'avait pas cafeté..mais elle avait été privée de poney le jeudi suivant.
biodiversité ... mais c'est bien sûr !
je me demandais à quoi allait servir , entre autres , l'évaluation financière de la biodiversité mondiale
http://www.marianne2.fr/Biodiversite-alerte-l-ONU-s-aligne-sur-l-OMC--1-2_a196707.html
et voila la réponse :
http://www.bastamag.net/article1227.html
tout est bon dans le cochon ou Les marchés carbone, ou comment gagner des millions grâce à la pollution
http://www.bastamag.net/article934.html
voila que les médecins géneralistes s'y mettent
http://www.smg-pratiques.info/Nouvel-article,422.html
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