jeudi 29 octobre 2009

le boulot

Je t'explique : je pensais jusqu'a présent , qu'en améliorant les conditions de travail ( techniques, organisationnelles, relationnelles, dans le service dont je suis responsable, on pourrait passer, mes collègues et moi, 7h 30 ensemble de manière agréable.
Cette vision et sa mise en pratique, obligent chaque personne de l'équipe à se responsabiliser à minima.
j'ai compris que ce projet n'était pas partagé par tous et que, pour la plupart des personnes travaillant dans l'atelier, la confrontation à leur propre responsabilité leur est insupportable.

le résultat

hier soir , en lavant mes dents, j'imaginais mettre en superposition les photomatons de mes chéries passées, pour n'en faire qu'une image.
je n'ai pas osé et n'ose toujours pas imaginer le résultat.
je suis rentrée dans mon lit en ricanant très bêtement.

prochaine reincarnation

en Axolotl:

L'Axolotl est un urodèle (un groupe de batraciens) originaire du Mexique.
Il fait partie des animaux ayant la capacité de passer toute leur vie à l'état larvaire sans jamais se métamorphoser en adulte, et donc de se reproduire à l'état larvaire (néoténie).
Une autre des particularités qui ont fait la célébrité de l'axolotl est sa capacité à régénérer des organes endommagés ou détruits. L'axolotl est non seulement capable de reconstituer par exemple un œil manquant, mais il peut aussi recréer certaines parties de son cerveau si elles ont été détruites.

prochaine reincarnation , j'aimerais aussi être plus forte en math pour rigoler avec les formules et forte en muscle; pour sortir le fumier de la cabane des chevaux . Allez , j'y vais , Coconelle m'appelle, j'enfile mes bottes " le chameau", une fourche et l'idée que c'est bien. c'est bien c'est bien.

ce matin ,j'ai la lune de bois

ce matin de la nuit encore sans nom de mardi à mercredi, j'ai la tête, interieurement eexterierement en vrac. C'est jeudi , c'est toujours comme ça .
je vais partir à travail, le bas du corps en tenue de gouine, un peu à la façon des pompiers de la ville de Paris en intervention orsec.
quant à mon paletot, il n'est pas idéal , mais j'y vais.
faudrait que j'y aille
faudrait que je bouge

des noms aux nuits

quand je pense qu'elle est devant notre nez, .. là tout près.
la lune, la luna. the moon, der mund.
y''en a autant que de langues .. y'en a infiniment des lunes, chacun(e) sa lune, oui ! chacune des lunes oui oui ! et des lunes pour toutes et tous .. oh la la oui ! des lunes qui éclairent très fort au dessus des arbres et des vies.

Faudrait donner des noms aux nuits, afin qu'elles existent avec autant de droits et d'assise que les jours, mais sous un éclairage différent; celui des lunes justement.
Les nuits de pleines lunes ouvrent des pistes invisibles au jour.

à bas les "nuits du lundi à mardi" , les "nuits de samedi à dimanche" sans existence propre comme les cadavres dans les morgues, " décédes dans la nuit du tant au tant. on verra bien demain pour l'identification". ça fait quoi tout ça :
des morts sans noms + des nuits sans noms= des morts sans vie.
On veut des noms ! , des vrais pour les nuits. c'est pas compliqué!

Pour chacune d'elle; un nom propre et étincelant; un nom de fièrté teintée d'orgueil et de ruse
Un nom pour chaque nuit et je suis persuadée que ça irait deja mieux sur terre.
Allez patrone.., un petit dernier avant la fermeture .

la déprime politique

autant être en forme pour mieux lutter.
pour ma part , je refuse de rester déprimée , déprime dans laquelle le contexte ( social, politique ..) aurait tendance à nous assigner .
Ne pas se laisser déprimer, en allant en thérapie si nécessaire, ne pas se laisser avoir et ne se pas se laisser mourir intérieurement .
Installer la déprime dans un société permet d'avoir de bons esclaves.

Quant à la proliferation des méthodes, thérapies rapides , par téléphone, en 3 mn au micro onde, ou en suppositoire fluo à rayures vertes et bleus , bof bof... tout est bon pour faire du fric.
je me souviens des suicides à la suite de thérapies new age mal dirigées..
j'ai aussi rencontrés des psy, bardés de diplomes, dans la bonne tradition freudienne, nuls comme des pieds et bêtes comme des cochons; des ânes à liste... comme disait leur gourou

jojo2

Ce soir , alors que je traversai le pont sur la Marne et que j'observai le vert trop lourd de la rivière, je me suis mise à pleurer en douce . Les larmes se sont laissé kidnapper sans résistance par les remous. En même temps, je chantais Aragon , . « .que serais je sans toi ,...que serais je sans toi que ce balbutiement... ».
Elle avait décidé de se faire bruler plutot que de finir en terre. Elle l'avait écrit avant de s'endormir pour toujours près de la rivière.
Mon dernier souvenir d'elle est un petit pot gris surmonté d'un ridicule chapeau chinois que l'on nous présentait comme étant ses restes. Non vraiment pas .. ça ne peut pas être elle , elle ne peut pas tenir dans un espace si étroit. J'ai essayé de me souvenir des ses folies et de nos rires.
Dans les couloirs du RER à Nation, je sifflotais l'air d'une chanson interprétée normalement par Jeanne Moreau « j'ai la mémoire qui flanche je ne me souviens plus très bien.. » .
Ça marche pratiquement à tous les coups , quelqu'un dans mon dos à repris le couplet et nous avons sifflé ensemble jusqu'à ce que nos chemins se séparent.
Dans le métro, je sifflotais toujours mais plus bas . Un type à coté de moi me dit gentiment, « je connais cet air » et je lui reponds , oui Jeanne Moreau et aussitôt je lui ai chanté un peu de
« On s'est connus, on s'est reconnus.
On s'est perdus de vue, on s'est r'perdus de vue
On s'est retrouvés, on s'est séparés.
Dans le tourbillon de la vie.

On a continué à toumer
Tous les deux enlacés
Tous les deux enlacés.
Puis on s'est réchauffés.

Chacun pour soi est reparti.
Dans l'tourbillon de la vie.
Je l'ai revue un soir ah là là
Elle est retombée dans mes bras.

Quand on s'est connus,
Quand on s'est reconnus,
Pourquoi se perdre de vue,
Se reperdre de vue ?

Quand on s'est retrouvés,
Quand on s'est réchauffés,
Pourquoi se séparer ?

Alors tous deux on est repartis
Dans le tourbillon de la vie
On à continué à tourner
Tous les deux enlacés
Tous les deux enlacés.

Deux stations plus loin , je suis descendue et après avoir pris un tract du PCF, je me suis souvenue que dans un mois, c'est son anniversaire. Elle est venue cette nuit pour me le glisser à l'oreille.
Elle a cru que j'allais l'oublier ? Pffffou .

jojo

ça fait des mois, que je ne me souviens plus de mes rêves et cette nuit , j'ai vu en songe une vieille ex qui a disparu de la terre depuis des années et qui me glissait à l'oreille une sorte de message .. dans le genre " vas y continue, je suis avec toi" . je suis sûre qu'elle est venue cette nuit.
elle était totalement déjantée. Quand sa mère venait à la maison , à chaque fois, elle somatisait et se couvrait de boutons comme la rubéole.
je savais son état émotionel intérieur à la manière dont elle se raclait discretement la gorge en lisant. Le souvenir de ce petit bruit m'émeut et me bouleverse encore.
la nuit, on dansait le rock comme des enragées et je lui inventais des plats exprès pour elle. c'était pas toujours une réussite
elle conduisait comme une dingo sur la route , j'avais tellement peur que je passais sur le siège à l'arrière de la voiture .
elle chantait horriblement faux et à tue tête des airs d'opéra... the fairy queen, le chant de la terre ( imitation kathleen ferrier ) et... juanita banana.

tahitiennes

une tahitienne , est ce bien ? ça boit du monoi tout la journée. enfin... les tahitiennes constipées

poilue comme un petit singe japonnais


je voudrais être poilue comme les petits singes qui vivent dans le sources d'eau chaude au Japon. ils restent des heures en méditation jouissive, le poil radieux et léger auréolé de glace . Les flocons de neige leur chatouillent un peu les oreilles mais c'est pas grave: ils ont chaud dans l'eau.
c'est presque l'au-delà

La Roche-Migennes

bon la Roche-Migennes.
Tous les jours pendant des années , j'ai pris le train en gare de Lyon , destination Melun.
Le terminus était la Roche-Migennes.
Est ce parce que j'aime aller au bout des choses mais a moins d'être divertie par un collègue de boulot, je me suis mis à rêvasser sur cette ville inconnue et qui devenait de plus en plus clairement le décor de mon picnic idéal.
Je voyageais en troisième classe , mon panier en oisier sur les genoux, plein d'une bouteille de cidre , d'un paté de lapin, d'un Selles sur Cher , d'une tarte au citron et d'une nappe Vichy rouge. Le pain , je l'acheterai sur place.
Je matais discretement mes compagnons de compartiment, un couple de paysan du gatinais , revenant de comice, une femmes et sa fille adoslescente d'un 15 zaine d'annéee, un séminariste au long cou et des jumeaux rouquins jouant aux cartes. Évidement , nous étions serrés, transpirants et somnolants. Quelques évènements nous sortaient regulièrement de nos siestes respectives. les jumeaux trichaient, le séminariste avait soif mais les paysans ne partagaient surtout pas leur casse croute avec celui qui pourtant leur donnnerai gratuitement l'extrême onction.
Les gares défilaient à vitesse d'escargot, les portes du compartiment s'ouvraient et se refermaient avec toujours le même commentaire : " c'est plein, on va plus loin"
Melun , Vulaines sur Seine, ( un de ces 4, j'irai visiter les Malarmé, sinon ils vont faire la gueule ), Moret sur Loing ( un jour, j'irai boire à nouveau le champagne chez la veuve Clemenceau) , Faux sur Yonne, Joigny, enfin la Roche Migennes.
Cette rêvasserie durait le temps du trajet jusqu'a Melun .

Un beau samedi de septembre, je suis allée en vrai à la Roche-Migennes (...au bout d'un moment, j'ai besoin de changer de fantasme... ) entrainant dans cette aventure une copine amusée.
Cette ville est un bout du monde, un noeud ferroviaire en voie de désertification. Des maisons en brique se chauffaient la façade sous les rayons d'un soleil d'automne. Personne dans les rues, il devait être midi ou 13h. En attendant le train de retour , nous nous sommes installées à la terrasse du bistrot le plus proche de la gare, assises au soleil d'un autre siecle, nous avons dévoré chacune un énorme sandwich paté cornichon ( j'adore ce mot: corps-nichon) taillé dans un pain de deux ( livres ) et des Orval périmées de deux ans . Le patron nous a béni pour avoir liquidé son stock de bière passible d'une amende de la DASS.
De retour à Paris, je planais bienheureuse et radieuse. Mon amie ; toujours amusée.
A la suite de quoi, nous avons vécu quelques bonnes années ensemble.

les langues

j'ai toujours rêvé d'apprendre toutes les langues du monde, en 12 piqures.

et pour les langues mortes... des sachets de granulés à dissoudre dans un grand verre d'eau.

et pour les langues à venir ,
juste délier les sentiments et les plaisirs

je vais aller manger dans ma cantine de prolétaires rouges.
y'aura du choux.
bon pour apprendre le
serbe le slovaque.

j''aime dire ton nom camarade humain(e)

j''aime dire ton nom camarade humain(e) , le nom qui t' est propre. j'aime te le dire parce qu'il m'est doux et parce qu'il te signifie ton existence à mes yeux.
te dire c'est te reconnaitre comme égal , pas moins ni plus que moi .

Sur la toile , dans les messages, dans les sms, je n'aime pas cette manière généralisée de ne pas dire bonjour, ni au revoir, je n'aime pas cette modalité d'interpellation . je pense que ça ne fait pas de bons humains.

Il n'y pas longtemps , je reçois d'une ex - que je n'ai pas vue et a qui je n'ai pas parlé depuis au moins 3 ans - le sms suivant : " c'est quoi le nom du bistrot librairie en bord de mer en Bretagne ? "
pas bonjour , pas au revoir , moi, la guide michelin .
j'ai aussi senti un autre sens: pas besoin de salamalecum entre nous, on est si proche potentiellement .
ben si , moi , j'en ai besoin et même si on a été proches, on ne l'est plus.
elle a tout gagné, je n'ai pas répondu.

edvige, tu m'étouffes

Je t'avais pourtant demandé de ne plus t'approcher de moi.
Ce n'est pas que je sois une sauvage mais j'aime bien me sentir libre et aimée d'une toute autre manière.
quand je me sens coincée, c'est plus fort que moi, , je deviens con et irascible.. déja que je ne supporte pas les pulls à col roulé alors tu m'imagines, prise dans tes mailles... je me débats, c'est garanti.

Je te jure, j'aime bien la République , je comprends jusqu'à un certain point l'idée de sécurité de l'Etat. Tu me dis que ton système de contrôle c'est pour mon bien .... , mais là c'est trop; je commence sérieusement à douter de toi.

je ne suis pas la première avec qui tu prends un râteau, j'ai sous les yeux la liste de tes échecs ( [nonaedvige.ras.eu.org] ).

Allez je ne discute plus, lâche moi maintenant.

quand j'ai tué

Un voisin chasseur me tend un fusil. Pour la première fois, je prends, je vise, je tire deux fois , rapidement, je tue deux fois . les oiseaux tombent un peu plus loin. A coté de moi , deux ados en treillis et bottes restent ébahis devant tant d’adresse. je pose le fusil sur la table de jardin, marche lentement, observe les deux corps morts, écrasés à terre, le sang en dehors du corps, déjà coagulé dans les plumes. Un des deux pigeons n’a plus de tête. Une minute plus tôt, ils volaient avec leurs potes, libres, heureux sans doute. D’un coup de fusil.. j’ai agi, j’ai tué, j’ai crée la mort. Je n’ai pas compris ma jubilation à le faire. Depuis, je refuse impérativement de toucher une arme parce qu’elle éveille la meurtrière qui somnole en moi. Je ne sais même pas si je suis encore capable de tirer des cartons dans les fêtes foraines, la vision de ces plumes ensanglantées s’intercale entre la cible et le bout de la carabine .

Comme si j’avais tué Icare , le deuxième , celui qui avait compris comment vivre sous le soleil et qui se rendait à un meeting intitulé « just do it ».